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Les Monts d’Arrée et l’écomusée

Le territoire des Monts d’Arrée et son parc Naturel régional

Avant votre visite à l’écomusée des Monts d’Arrée, nous vous proposons dans cette page des repères historiques permettant de situer la région des Monts d’Arrée dans son histoire à l’échelle locale.

Le territoire des monts d’Arrée (60 000 ha au total) marque très vite sa singularité de cette région de l’Armorique. La fin des années 1960 voit la création d’un nouvel outil expérimental, le Parc d’Armorique, destiné à harmoniser une triple préoccupation à la fois environnementale, économique et d’aménagement du territoire en périphérie des grandes villes. Un défi depuis plus de 50 ans…

Les Monts d’Arrée sont situés dans le périmètre du Parc Naturel Régional (PNR) d’Armorique. Du fait de la richesse exceptionnelle de ses paysages et de son identité forte, ce Parc naturel régional a été le 2e parc créé en France en 1969. Situé au cœur du Finistère, le territoire du Parc s’étend des monts d’Arrée au littoral de la presqu’île de Crozon, en passant par la vallée de l’Aulne et la rade de Brest, et se prolonge en mer par les îles d’Iroise (Sein, Molène et Ouessant).

Au cœur du département du Finistère, l’écomusée des Monts d’Arrée se situe dans un territoire original qui présente des caractéristiques spécifiques. Il s’agit d’un massif montagneux (aujourd’hui érodé) faisant parti du massif armoricain, culminant à 385 mètres et dont l’altitude est supérieure à 220 mètres sur l’ensemble du massif. Ils marquaient traditionnellement la limite entre la Cornouaille au sud (évêché de Quimper) et le Léon au nord (évêché de Saint- Pol-de-Léon). La végétation de ces montagnes à l’allure désertique, est principalement constituée de lande.

 

Crédits Photos : Gilles Pouliquen

La terre des Monts d’Arrée et son écomusée

Parmi les démarches visant à créer le Parc Naturel Régional d’Armorique, un des axes de travail fut de constituer en des points significatifs du territoire, un musée en plein air susceptible de refléter quelques étapes représentatives de la présence humaine dans la région. C’est ainsi qu’en 1967, Jean-Pierre Gestin, conservateur au parc d’Armorique, entreprend de créer un musée permettant de conserver la mémoire d’un mode de vie « traditionnel ».
En 1968, le conseil général du Finistère fait l’acquisition de la Maison Cornec à Saint-Rivoal (maison construite en 1702), elle constitue la première entité d’un écomusée partagé entre deux sites. Après quelques travaux de restauration la maison est ouverte au public en 1969, en parallèle, le PNRA est officiellement créé. En 1971, le département acquiert le village des moulins de Kerouat en Commana, inhabité depuis 1965. Le site est ouvert aux visiteurs depuis 1975. En 1982, l’association des Amis de l’écomusée des Monts d’Arrée est créée.

L’écomusée recouvre un territoire habité saisi dans sa diversité spatiale aussi bien que dans le temps de sa genèse et de son évolution. Lors de la création de l’écomusée des Monts d’Arrée, l’équipe a mis en avant une liste de fondements essentiels pour mener à bien ce projet.

  1. Un territoire : Le territoire de l’écomusée sert de cadre géographique et historique.
  2. Une population : Elle doit garantir la légitimité de l’écomusée et participer (à son niveau) à la mise en œuvre des projets de l’écomusée.
  3. Une méthode scientifique : Dans la mesure du possible l’écomusée choisit de conserver les spécimens les plus proches du types de référence, afin qu’il soit représentatif du lieu et des habitudes locales.
  4. Une mission pédagogique et de transmission : A travers la mise en œuvre d’expositions, d’actions auprès du public scolaire et le maintien du lien avec les populations locales.

Totalement lié au territoire des Monts d’Arrée et à son histoire, l’écomusée est une institution culturelle pleinement connectée avec le local. L’ancrage territorial, la prise en compte de la société locale sous ses différents aspects et à travers le temps, sont les fondements du concept d’écomusée.

Histoire des Monts d’Arrée

La période préhistorique

Le territoire des Monts d’Arrée possède un patrimoine archéologique et préhistorique assez riche. Les premières traces humaines recensées dans ce secteur remontent au Ve millénaire avant notre ère. On trouve par exemple de nombreux menhirs (Menhir de Roquinac’h à Saint-Rivoal) et également des allées couvertes comme à Commana (allée couverte du Mougau-Bihan), l’un des plus célèbres témoins de cette époque dans ce secteur. D’autre part, de nombreux tumulus de l’Âge du bronze sont répertoriés.

D’anciens itinéraires de cette période ont sans doute été transformés en voies romaines facilitant ainsi l’implantation d’établissements gallo-romains.

Histoire des Monts d’Arrée

L’époque médiévale

Dès le début de l’époque médiévale (VIe siècle) on assiste à la venue dans les Monts d’Arrée des bretons de l’île de Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle), comme Saint-Joua à Brasparts ou Saint-Herbot à Berrien. Quelques mottes féodales ont été retrouvées dans la région (Brasparts, Loqueffret

L’emprise des moines (entre-autre les Cisterciens de l’abbaye du Relecq à Plounéour-Menez, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à La Feuillée) s’est très tôt ressentie sur le territoire (dès le XIIe) et a contribuée à la mise en valeur agricole et au défrichement. Les Hospitaliers ont également joué un rôle dans le peuplement des campagnes notamment grâce au regroupement d’habitat et à la gestion originale des terres et des bâtiments : le système de la quévaise (sols loués, édifices appartenant à l’exploitant, avec un courtil et un demi hectare de terres).

Histoire des Monts d’Arrée

Les temps modernes

Bien que particulièrement rurales, les communes autour de Commana ont connu une forte ouverture vers la mer à cette époque. Celle-ci a d’ailleurs permis enrichissement et développement artistique. Du XVIe siècle jusqu’au début du XVIIIe siècle la région prospère grâce au travail du lin et connaît une sorte d’âge d’or. En effet, les toiles de lin (les Crées) tissées dans l’arrière-pays étaient ensuite exportées vers plusieurs pays européens et vers l’Amérique Latine via les ports de Landerneau et de Morlaix. Ce dynamisme économique se traduit alors par le développement d’une caste de riche paysans (les Juloded), mais également pas la construction de nombreux édifices (maisons, enclos- paroissiaux, calvaires…).

L’influence du commerce du lin ne s’est pas faite ressentir autour de Saint- Rivoal. Cette zone était d’ailleurs beaucoup plus pauvre que la partie léonarde des Monts d’Arrée. Faute de pouvoir cultiver les terres (trop pauvres), on extrayait la tourbe (cette pratique est attestée au moins depuis le XVIIIe siècle). On note que dès le XVe siècle, deux foires annuelles avaient lieu à Saint-Rivoal, qui n’était qu’une trêve dépendant de la paroisse de Brasparts.

La fin du XVIIIe siècle reste une période difficile et la pauvreté est une constante pour la région.

Histoire des Monts d’Arrée

De la Révolution au début du XXe siècle

Le renouveau du XIXe siècle semble lent et inégal dans la région. Le travail du lin et de la toile a presque disparu. La modernité peine un peu à s’installer. Toutefois, les Monts d’Arrée deviennent une source d’inspiration pour les écrivains, voyageurs et folkloristes de la période qui sont frappés par les paysages, l’architecture, le mode de vie…

Cependant, il faut noter le développement des foires aux bestiaux à Commana ainsi que l’exploitation de nombreuses carrières de schiste et de granit, dont le rayonnement dépasse largement le cadre local. Au début du XXe siècle les carrières d’ardoises connaissent leur essor maximum (en 1923, 15 000 tonnes soit 40 millions d’ardoises sont produites). D’autre part, la majorité de la population est considérée comme agricole et les terres sont le plus souvent partagées entre les terres arables et la lande. Au XIXe siècle, il existait 12 moulins en activité à Commana, dont ceux de Kerouat.
Avec l’avènement de la République, la montagne devient républicaine (à l’exception de Commana) comme le souligne André Siegfried, et elle reste traditionnellement majoritairement laïque et républicaine.

A la veille de la Première Guerre mondiale, la démographie des Monts d’Arrée atteint son apogée. Le chemin de fer atteint la région en 1912 avec la création de la ligne Plouescat-Rosporden. Mais dès 1934 cette ligne cesse de fonctionner.

Histoire des Monts d’Arrée

Et aujourd’hui ?

De nos jours, les Monts d’Arrée ont connu de profondes mutations, exode rural et phénomène de désertification des campagnes, fin de la production d’ardoise, diminution des activités agricoles… Toutefois, le territoire fait preuve d’un dynamisme extrêmement vivace : initiatives locales, développement associatif et collaboratif, dynamisme culturel, rajeunissement de la population, etc… De plus, grâce à son patrimoine bâti et naturel, la région est devenue une zone de tourisme rural reconnue.

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